τραγῳδία… tragôidía
L

es
récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal
effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les
craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont
participé.
D’un côté Angela Merkel et la presse
allemande – le journal populaire Bild notamment (voir
ci-contre une accroche d’article de ce journal que l’on pourrait
traduire par « Vendez vos îles, Grecs ruinés, et l’Acropole
par la même occasion ! ») – qui traitent Papandréou
et les Grecs avec tout le mépris, le dédain et la condescendance
dont ils sont capables.
Au centre, se voulant le plus
visible possible, le Prince-Président, soufflé d’orgueil
et bouffi de suffisance, qui s’auto-congratule et se
considère comme un des dirigeants les plus importants de la planète.
Convoquant Papandréou pour le morigéner comme on le fait d’un
laquais désobéissant, il roucoule comme une colombe dès qu’Obama
lui manifeste la moindre attention.
Dans la coulisse, le
lobby bancaire, mené par Charles Dallara, directeur général de
l’Institute of International Finance, qui s’affaire
pour que les décisions politiques cadrent avec ses intérêts…
Sans oublier tous ceux qui exhortent les Grecs à sortir de
l’Union européenne et à abandonner l’euro, rêvant – pour des
raisons parfois peu avouables – de précipiter la chute de la
monnaie unique.
Quelques rappels
En premier lieu, ne soyons pas trop étonnés par ce qui se
déroule aujourd’hui. Ce scénario, nous l’avions envisagé et
décrit dès cet été dans deux billets, Les
marches d’Odessa et Timeo
Danaos. Nous vous proposons de les relire car,
rédigés « à froid » avant le déclenchement de la
crise grecque, ils sont vierges de l’influence de la pression du
quotidien, qui perturbe bien plus souvent l’analyse qu’elle ne
l’éclaire.
En second lieu, rappelons ici le deal
proposé à la Grèce le 27 octobre par le trio
Merkel-Sarkozy-Dallara :