Excerpt for Alteria 1 by Al Rodin, available in its entirety at Smashwords

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ALTERIA 1




Al Rodin




Pour tous, et pour toujours…




Alteria 1

Copyright © 2009 by Al Rodin

All rights reserved.


Illustration : Copyright © 2009 by Al Rodin

All rights reserved

Cover design by Al Rodin

Published 2009 by Al Rodin


Smashwords Edition 2.0, November 2009




Le grand voyage


Seuls quelques terriens survivants se dirigeaient désormais vers la planète Alteria, qui gravite autour de l’étoile la plus vive d’Alpha du Centaure. Plus que trois années lumière, pour atteindre cette planète immaculée, un paradis originel où tout allait devoir être réinventé…

Il y avait là-bas, de l’air de l'eau, des arbres, des animaux primitifs, un soleil et deux lunes.

Comment reconstruire une société meilleure, sachant où elle ne doit pas aller ? Comment démarrer une civilisation pour éviter sa perte ? Telles étaient les questions que se posait Georges Marchal, les pieds sur le pupitre de contrôle, un verre de Champagne à la main (une des dernières bouteilles ! ... ).

Comment ne pas se planter comme ce vieux Noé sur son rafiot ?

On quittait Internet pour replonger dans la pierre taillée. Par chance, en faisant le bilan des compétences réunis dans ce vaisseau, les passagers s'étaient rendus compte que beaucoup de savoirs étaient à bord. Mais comment conserver cette masse de connaissance, et surtout fallait-il tout garder ? Et sinon, comment faire un tri ?

Georges Marchal avait l'impression de se lancer dans un pari impossible, dont aucun ici, ne sortirait peut-être vivant...



La catastrophe


C'était il y a trois ans à peine, pour la fête des vendanges, le maire de Rimbac, Paul Lorchat, avait décidé d'inviter l'ensemble de ses administrés à un baptême de l'espace, comme cela se faisait dans ce genre de fêtes foraines.

Suite à une défection de dernière minute, c'est le vieux vaisseau de Georges Marchal, ingénieur en aéronautique et citoyen de la commune, qui avait dû être mis à contribution: cet engin n'était plus très frais, et ne servait plus guère qu'à des expériences de vie en autarcie au sol, sur la base désaffectée du centre spatial à Lanceny, où travaillait Georges Marchal. Mais pour un petit vol de quelques heures, cela suffirait bien ...

Le succès de la fête fut inespéré, et ce sont presque 2500 personnes que l'équipage accueillit dans le vaisseau, quasiment les ¼ de la ville ! L'ambiance était chaude en cette fin d'après-midi: confettis, poissons rouges, et ballons de baudruche ... Décollage au son de l'accordéon, et tournée générale en apesanteur à la santé du cher maire qui savait si bien soigner son électorat. ..

Et c'est là qu'eut lieu la catastrophe ! ...

"C'est marrant, la terre a changé de couleur, murmura Guy Fauvet en regardant par un hublot. Il faut vraiment que j'arrête de boire". Pourtant, en sa qualité de meilleur boucher-traiteur de Rimbac, il avait l 'habitude de festoyer dur !

Et c'était une force de la nature, cet homme là. A 7 heures du matin, il tranchait déjà ses rosbifs dans sa boucherie. Une tête toute ronde, des joues bien rouges, une bouche à dévorer un bœuf, une forte musculature un peu empâtée tout de même ; eh oui, forcer un peu trop sur le Beaujolais et la bonne chère, ça finit par laisser des traces !! ...

Sa femme, Josette, veillait pourtant au grain. La tête sur les épaules, elle tenait la caisse. Et ça y allait les biffetons, des fortunes qu'ils en vendaient de la viande ! Faut dire qu'elle était bonne, même excellente. Et quand Josette donnait ses conseils de cuisson tout en ramassant l'oseille, on pouvait la voir saliver, c'est comme si elle y était aux fourneaux, ses joues rosissaient, sa poitrine opulente se dressait, elle jouissait à l'idée de se régaler d'aussi bonne chère. Ça faisait plaisir à voir et à entendre !

La température ambiante avait, en effet, soudain augmenté, et Georges Marchal était retourné dans le centre de contrôle pour vérifier l'ordinateur des servitudes, et la climatisation.

L'analyseur neuronal était formel : aussi invraisemblable que cela puisse paraître, la Terre allait exploser d'ici quelques heures !!...

Le rayonnement auquel était déjà exposé le vaisseau, ne lui permettrait plus de résister bien longtemps ... Bien qu'incapable d'en mesurer les conséquences, Georges Marchal prit la seule décision pouvant laisser espérer une chance de survie: partir, le plus loin et le plus vite possible !...

Les passagers n'eurent pas le temps de regagner le quartier de sécurité utilisé pour les phases de décollage et d'atterrissage, et l'accélération maximale du vaisseau plaqua tout le monde au sol. Certain crurent d'abord à une bonne blague en voyant la Terre s'éloigner, mais la rigolade fit rapidement place à l'inquiétude. Et quand la Terre se transforma en boule de feu, seuls quelques cris déchirèrent le silence de plomb qui figea les passagers, pétrifiés.

" Ce n'est pas possible !!!... Ce n'est pas vrai !!!... "répétaient ceux qui étaient collés aux hublots, ne pouvant croire ce qu'ils voyaient. Des femmes éclatèrent en sanglots, des enfants se mirent bientôt à hurler, la peur de l'incompréhensible se répandit comme une traînée de poudre.

Lorsque Georges Marchal apparut en haut de la passerelle du
Forum, un micro à la main, le silence revint rapidement.

" Que tout le monde s'assoie par terre, dans le calme; j'ai des choses importantes à vous dire ! dit-il d'une voix grave et posée, un peu sous le choc lui aussi. Nous sommes maintenant en
sécurité
, sur une orbite hyperbolique, et nous allons sortir du système solaire. Le vaisseau a résisté aux rayonnements et aux accélérations auxquels il a été soumis, et il se comporte normalement. "

L'atmosphère se détendit un peu, une rumeur sourde
parcourut la salle.

"Que s'est-il passé ? continua Georges Marchal. Pour des raisons encore inexpliquées, notre planète Terre a explosé à 16h 48mn exactement... Quelques heures avant l'explosion, alerté par nos systèmes de surveillance, j'ai pris la décision de quitter l'orbite terrestre sur laquelle nous nous trouvions, avec une accélération telle qu'elle nous permettrait peut-être d'échapper aux effets de l'explosion.

Ce vaisseau contient ce qui reste désormais de l'humanité. "

Un sentiment de vertige s'empara de la plupart des passagers; mais, en même temps, surgit chez quelques uns, l'instinct de survie, la confuse impression d'être dorénavant investis d'une mission. Pour Georges Marchal cela ne faisait aucun doute; il fallait tout tenter pour s'en sortir, ne serait-ce que par orgueil ou par défi, et il avait le sentiment que ce n'était pas totalement impossible.

"Une première analyse à l'aide de nos ordinateurs à bord, montre qu'il existe peut-être une possibilité d'atteindre une planète supposée habitable: il s'agit de Alteria, près d'Alpha dans la constellation du Centaure ; il nous faudra environ six ans pour y parvenir. Je vous en dirai plus demain, lorsque tous les calculs seront terminés.

Pour ce soir, voilà ce que nous allons faire: un appartement a été affecté à chaque famille inscrite dans la liste des invités. Le numéro de cet appartement a été téléchargé sur vos montres-ordinateurs. Les panneaux d'affichage situés tout autour de cette salle, vous indiqueront les directions à prendre en fonction de votre numéro d'appartement.

Arrivés sur place, vous taperez votre numéro de clé informatique, qui doit également être téléchargé sur vos montres, et vous vous installerez chez vous. Les générateurs de nourriture ont été activés, et vous pourrez dîner tranquillement. Vers 22 heures, je ferai un bref état de la situation sur le canal interne de télévision. Les hôtesses sont à votre disposition pour tout problème que vous pourriez rencontrer.

Merci de votre attention et à tout à l'heure sur canal 7 " Chacun consulta sa montre et se dirigea vers son appartement, à la fois soulagé et inquiet par ce qu'avait dit Georges Marchal. Le maire Paul Lorchat, quant à lui, fut prié par Georges Marchal, de le rejoindre au centre de contrôle.



La situation


Les Lambard s'étaient installés tant bien que mal, en râlant comme d'habitude, et en soupçonnant leurs voisins, les Truchot, d'avoir eu un plus bel appartement, ces Truchot, dont le magasin de fleurs jouxtait la boulangerie des Lambard, sur la place centrale de Rimbac, ces Truchot qui n'allaient jamais acheter leur pain chez leurs voisins, mais au supermarché d'en face...


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